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Congrès 2020 de la société de Philosophie des Sciences

9-11 Sep 2020
Université de Mons, campus Plaine de Nimy, 7000 Mons, Belgique - Mons (Belgium)

http://sps2020.sciencesconf.org

Le VIIIe congrès de la Société de Philosophie des Sciences se tiendra à mons (Belgique) du 9 au 11 septembre 2020. Le thème du congrès 2020 sera : Sciences et pseudo-sciences. La distinction en science et pseudoscience a toujours été une question centrale en philosophie des sciences. La recherche de critères qui permettraient de formuler cette distinction a d'ailleurs souvent permis des avancées importantes dans le domaine de l'épistémologie. L'exemple le plus connu est probablement le critère de falsifiabilité. Pour bien cerner la frontière entre science et pseudoscience, il est nécessaire d'identifier sur quels critères elle se construit. Par exemple, on distinguera la pseudoscience de la science parodique, cette dernière étant une forme de caricature assumée et revendiquée. De la même manière, la pseudoscience n'est pas réductible à de la mauvaise science (bad science) qui, elle, est seulement mal exécutée et ne vise pas à délibérément tromper le public. Si les notions de méthode ou de vérité/fausseté ne sont pas étrangères à la pseudoscience, elles ne sont pas suffisantes pour la différencier ou la délimiter. Et on ne peut pas non plus ramener la question de la distinction à la thématique de la manipulation et des intentions, car la plupart des fondateurs et adeptes de ces disciplines le sont de toute bonne foi. La question n'est déjà pas simple en ce qui concerne la science établie et reconnue, elle se corse particulièrement pour ce qui est de la nouvelle science ou, pour reprendre le terme de Kuhn, de la préscience, qui n'a pas encore acquis droit de cité et qui se distingue pourtant aussi des pseudosciences dans la mesure où elle donnera lieu, mais dans le futur, à de la science. Or, c'est souvent en s'appuyant sur le futur et sur le fait que des théories révolutionnaires n'ont pas souvent été immédiatement admises dans le passé (ce qu'on appelle parfois le syndrome de Galilée) que les pseudosciences revendiquent le statut de sciences à part entière. Cette thématique n'est pas nouvelle, mais elle revêt une actualité particulière à l'heure des réseaux sociaux omniprésents et de l'accès généralisé à un immense réservoir d'informations, dans la mesure où les théories pseudo-scientifiques y trouvent un terrain particulièrement fécond pour se développer. On pensera à la récente tribune No Fake Science1 qui critique la manière dont les consensus scientifiques sont abordés par les médias et qui, en plein débat sur le déremboursement de l'homéopathie en France, montre que la distinction entre science et pseudoscience est loin d'aller de soi. La philosophie des sciences a donc deux raisons majeures de s'intéresser à cette problématique. Du côté pratique, cette approche critique permet de construire des outils afin de désamorcer ces théories pseudoscientifiques, outils dont l'efficacité est d'ailleurs matière à débats. Du côté théorique, ces sujets sont en quelque sorte des cas d'études qui mettent en évidence les avantages et les inconvénients des différentes approches épistémologiques. La question des pseudosciences est donc d'un grand intérêt en philosophie des sciences. En tant qu'objet d'analyse, elle permet notamment de questionner la méthodologie scientifique, d'éclaircir le rapport à la vérité des théories, d'interroger le statut de preuve ou d'analyser la formation et la remise en question du consensus dans la communauté scientifique.
Scientific domain : Philosophy

Place of the conference
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