Archéologie de l'Alimentation humaine: vers une approche interdisciplinaire intégrée

18-22 nov. 2019
Maison de l'Archéologie et de l'Ethnologie (Nanterre) Muséum National d'Histoire Naturelle (Paris) - Nanterre & Paris (France)
Face aux défis présents et futurs à relever pour nourrir une population mondiale grandissante, l’alimentation du passé est devenue un véritable enjeu de société. Elle s’est récemment affirmée comme un domaine de recherche à part entière qui plonge au cœur même de la définition intime d'une société, en se positionnant à l’interface des Sciences Humaines et Sociales (InSHS) par l’étude des marqueurs identitaires et comportementaux ; des Sciences de la vie (INSB) pour les aspects physiologiques et sanitaires ; des Sciences de l'Environnement (INEE) par la recherche des déclinaisons de la biodiversité vivrière ancienne et l'évaluation de leur impact sur les milieux. Les recherches sur l'alimentation des populations anciennes ont ces deux dernières décennies largement participé aux renouvellements des approches dans les domaines de l'Histoire (sources écrites et iconographiques) et de l'Archéologie (sources matérielles). Les archéologues disposent de multiples traces matérielles pour appréhender non seulement le choix des aliments consommés, mais aussi les modes de production, d’acquisition, de stockage, de préparation et de consommation des denrées. Restituer les pratiques culinaires du passé dans toute leur diversité et complexité ne peut se faire sans une prise en compte de l’intégralité des restes gérés à différentes étapes de la chaîne alimentaire. Une approche intégrée de l’alimentation humaine en archéologie relève toutefois du défi étant donné : 1. la multiplicité des témoignages matériels (restes fauniques et botaniques, ossements humains, récipients en pierre-bois-céramique, macro-outillage lithique, structures de stockage et de cuisson, etc.) et des techniques d’analyse associées (par ex. en anthropologie physique : isotopes du collagène des os, usures dentaires, infections carieuses, contenu phytolithique du tartre, etc.). 2. la diversité des protocoles qui, depuis la fouille jusqu’au laboratoire, s’est singulièrement enrichie par l’essor de nouveaux outils à haute résolution analytique ainsi que de nouvelles échelles et grilles d’interprétation. Si ces développements récents ont favorisé l’élargissement des champs d’observation, ils ont aussi provoqué un éclatement des angles de vue, débouchant bien souvent sur une vision fragmentaire de l’alimentation. La présente école thématique du CNRS a pour ambition de dépasser les cloisonnements disciplinaires et institutionnels constatés à différentes échelles, en mettant en synergie des spécialistes de différents domaines (archéologie, archéobotanique, tracéologie céramique et lithique, anthropologie physique, micro-morphologie, chimie, etc.). Elle sera l'occasion de : 1. Homogénéiser les pratiques de terrain et de laboratoire au sein de chacun des champs disciplinaires ayant attrait à l'archéologie de l'Alimentation humaine. 2. Assurer une diffusion accélérée des dernières avancées conceptuelles, méthodologiques et techniques dans chacun des domaines. 3. Favoriser le développement d'études multi-proxis à la croisée de plusieurs champs disciplinaires.
Discipline scientifique : Sciences de l'environnement - Sciences du Vivant - Sciences de l'Homme et Société

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