Les frontieres au prisme du genre II

22 nov. 2013
Centre Norbert Elias Centre de la Vieille Charité, 2 rue de la Charité, 13002 Marseille - Marseille (France)
La notion de genre, en affirmant la dimension sociale des identités sexuées a permis de repenser la personne en son entier. Cette dernière a pu être conçue comme un ensemble complexe et articulé de relations et de rôles sociaux. Le couple dichotomique masculin/féminin, et avec lui d’autres oppositions structurantes, se révèlent être des entités historiquement changeantes dont les frontières ne cessent d’être retravaillées. A la croisée de la tradition interactionniste et des études de genre, la journée d’étude organisée en 2012 avait permis d’illustrer la fécondité du concept de genre pour interroger les grands partages sociaux. Le genre constitue un exemple de frontière sociale particulièrement prégnante, et un concept analytique permettant de voir autrement les frontières, quelles qu’elles soient. Pour nous, lire la notion de frontière au prisme du genre, c’est tenir ensemble trois propositions : l’existence d’une frontière est toujours relative, et tributaire d’un processus : aucune frontière n’est donnée une fois pour toute ; les frontières sont le fruit d’activités collectives : les gens font et défont sans cesse diverses frontières sociales, par des opérations à la fois matérielles (répartir, organiser, ordonner les êtres et les choses) et discursives (assigner ou contester une place) ; étudier une frontière ce n’est pas chercher une ligne de démarcation fixe et univoque, mais prendre en compte un espace, une « zone frontière » dans laquelle, souvent, les partages dichotomiques s’avèrent problématiques. Les communications discutées lors de la première journée « Les frontières au prisme du genre », en mars 2012 (http://efigies-ateliers.hypotheses.org/923), ont permis de décrire comment les activités sociales travaillent des partages en partie instables et marqués par des zones de flous. Par l'élaboration d'un regard raciste et sexiste dans les sciences médicales françaises, par la négociation des statuts juridiques dans le quotidien de couples palestiniens, ou par le jeu entre parenté et amitié dans la succession des rites matrimoniaux au Mexique, actrices et acteurs sociaux manipulent le partage dichotomique masculin/féminin.
Discipline scientifique : Sciences de l'Homme et Société

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