La culture en projets : service et/ou industrie, d'Adorno au Web 3

14-15 nov. 2013
Université Paul Valéry - Montpellier (France)
Colloque international - La culture en projets : service et/ou industrie, d'Adorno au Web 3 Les transformations constantes de la création tant dans ses contenus que dans ses moyens nous incitent à observer et définir d’autres rapports dans les politiques et les pratiques, dans l’offre et la demande, dans les contours et les objets du champ culturel. Sur le plan des transformations, les déplacements de lieux culturels, l’évolution du spectacle vivant, des arts de rue et de l'espace public, la généralisation du Web 2 et plus largement de médiums et médias convertis en œuvres, ont apporté un renouvellement certain dans l’offre créative mais dans le même temps des contraintes de diffusion et de rentabilité se font jour qui définissent une concurrence des espaces et canaux de diffusion et de distribution. Loin d’un champ unifié ou parfaitement partagé entre arts et industries, le champ culturel est, au contraire, traversé et modelé par des confrontations d’idées et de pratiques, d’intérêts marchands ou esthétiques, politiques ou sociaux qui ont des conséquences visibles dans la prise en charge organisationnelle et communicationnelle des activités qui le définissent. Le terme même de service renvoie à une organisation, une structure, un dispositif destiné à promouvoir, aider, diffuser, permettre l’accès à la culture et à ses manifestations tels que les concerts, les spectacles, le cinéma, les conférences, les expositions, les ateliers de création ou des événements. Associé au terme d’industrie, il prend une valeur qui peut se comprendre comme une alternative ou une opposition à cette dernière ou enfin comme une conjonction entre deux modèles. Depuis Adorno, on ne cesse de réinterroger - et de relativiser - les implications de la massification culturelle en faisant ressortir le rôle de la réception, le paradigme de la co-construction, les fonctions du contournement, de l’appropriation individualisée, des mutations vers une industrie créative, etc. On peut lire l’oscillation et la conjonction du thème proposé comme une opposition entre un service public et une industrie privée mais les différences et les ruptures ne passent pas forcément par cette bipolarisation dans les projets. Où situer, par exemple, le rôle des associations dans leur quête de mécénat, de sponsoring et de subventions ? Comment, autre exemple, les organismes et institutions publiques règlent-elles la question des priorités dans les aides et la répartition des deniers publics : en fonction des marchés porteurs de produits culturels reconnus ou d’incitations à la création dans des espaces créatifs émergents ? Quels sont les moyens et les objectifs de la communication dans le renouvellement des offres et des contenus de la culture dans les domaines du spectacle vivant, du numérique et des arts plastiques confrontés à des situations en partie communes et en partie différentes ? Quelles références, quels stéréotypes, quels auteurs, quels dispositifs se précisent ? La publicité des industries culturelles se sert-elle du concept de service ? Comment la communication culturelle se ressource-t-elle dans le développement durable ? Dans notre société contemporaine où les crises économiques et financières deviennent récurrentes et où les plans de rigueurs diminuent les lignes budgétaires publiques, comment les structures culturelles peuvent-elles pérenniser leurs projets ? Sont-elles assujetties à disparaitre au gré des volontés publiques, à se transformer radicalement en intégrant des logiques marchandes ou encore à privilégier d'autres possibilités alternatives (communautés de pratiques, Fablab, Hacke Space, médialab) ? Selon l’UNESCO, la problématique des industries culturelle rejoint celle des industries créatives en ces termes : “Ainsi, en prenant comme référence le cadre pour les statistiques culturelles de l’UNESCO (2009), le guide s’appuie sur une définition des industries culturelles et créatives entendues comme les secteurs d’activité ayant comme objet principal la création, le développement, la production, la reproduction, la promotion, la diffusion ou la commercialisation de biens, de services et activités qui ont un contenu culturel, artistique et/ou patrimonial. Ainsi, les principales caractéristiques des industries culturelles et créatives sont : L’intersection entre l’économie et la culture ; La créativité au cœur de l’activité ; Le contenu artistique, culturel ou inspiré de la création du passé ; La production de biens et de services fréquemment protégés par la propriété intellectuelle — droit d’auteur et droits voisins La double nature : économique (génération de richesse et d’emploi) et culturelle (génération de valeurs, de sens et d’identité) ; L’innovation et le renouvellement créatif ; Une demande et des comportements du public difficiles à anticiper ; Un secteur marqué par la non-systématisation du salariat comme mode de rémunération du travail et la prédominance de micro-entreprises.” En prenant appui sur des questionnements qui entendent éclairer, selon des points de vue allant des théories de l’organisation à la sémiotique des contenus, les évolutions de la communication dans le champ spécifique de la culture, avec ses traductions et composantes managériales, médiatiques et informationnelles, ce colloque et ce numéro de Communication et management : théories et pratiques participeront ainsi à la réflexion générale dans une période où les enjeux culturels prennent une nouvelle actualité. Toutes les informations sur notre site : http://www.colloque-la-culture-en-projets.fr/
Discipline scientifique : Sciences de l'information et de la communication

Lieu de la conférence
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