TERRITOIRES INTELLIGENT ET MANAGEMENT PUBLIC DURABLE

23-24 mai 2019
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne Centre Sorbonne 1 RUE VICTOR COUSIN 75005 PARIS - PARIS (France)

http://airmap2019.sciencesconf.org

Aujourd'hui 4/5 de la population française habite sur 20% du territoire. Au niveau mondial, 2% de la surface de la planète héberge plus de la moitié de ses habitants. Dans ces territoires, ont désormais pris corps des solidarités multiples mais aussi des antagonismes d'intérêts qui interpellent la pratique du management public (Almirall et al., 2016). Si les territoires deviennent “ smart ”, la durabilité ne devrait-elle pas pourtant être placée au cœur de leur management public ? Un territoire intelligent doit être capable de comprendre et de s'adapter à son environnement, se transformer, être résilient, anticiper les perturbations, en minimiser leurs effets, en mettant en œuvre des moyens d'actions, grâce à l'apprentissage et à l'innovation, en fonction du but à atteindre, tout en respectant sa durabilité. Le 8ème colloque AIRMAP permettra de mieux comprendre les enjeux, la nature des politiques publiques permettant de mettre en place de tels territoires, et de mieux identifier les acteurs de ce système de réseaux interconnectés pour développer des flux efficaces et efficients, entres acteurs privés et publics. L'urbanisation croissante de nos territoires porte atteinte à la durabilité environnementale, économique et sociale des villes (Bibri, Krogstie, 2017; Neirotti et al., 2014). L'usage intensif des nouvelles technologies peut-il être compatible avec un management public durable ? Ces technologies peuvent-elle être motrices d'une nouvelle qualité de vie et de valeur ajoutée économique dans les territoires ? Une recomposition des acteurs et des services semble donc nécessaire pour assurer une compatibilité entre “ Territoires intelligents et Management public durable ”. Les territoires intelligents ne font pas l'objet d'un consensus quant à leur définition, contrairement à la notion de ville intelligente. En 2012, une définition assez complète (Chourabi et al., 2012) est énoncée permettant d'analyser les progrès d'une ville intelligente et de la caractériser, fondées sur huit dimensions internes et externes, affectant la conception, la mise en œuvre, et l'utilisation d'initiatives de ville intelligente : le management et l'organisation, la technologie, la gouvernance, le contexte politique, les individus et communautés , l'économie, les infrastructures, l'environnement. Le Parlement européen (2014) a défini les villes intelligentes comme “un lieu où les réseaux traditionnels et les services sont plus efficaces avec l'utilisation du numérique et des télécommunications technologies, pour le bénéfice de ses habitants et entreprises”. Longtemps, le territoire a été considéré “intelligent” en raison du développement des nouvelles technologies (les TIC, l'internet et les infrastructures numériques, la data, l'intelligence communicante et les objets connectés, etc.), qui apporteraient des solutions durables à des problèmes complexes. Or cette problématique territoriale ne peut pas être que technologique. Si la technologie est indispensable, ce n'est qu'un moyen de parvenir à la durabilité du territoire. L'humain doit être placé au cœur de la notion de “smart” dans le territoire. Car, loin d'une dérive “technocentrique”, le territoire se construit sur quatre piliers fondateurs : l'urbis, c'est-à-dire les infrastructures ; le spatium, c'est-à-dire l'espace public partagé lieu de rencontre et de mixité ; la respublica, c'est-à-dire la chose publique, l'intérêt général et les biens collectifs ; le civis, c'est-à-dire les citoyens, les habitants et les relations de services leurs afférents. Les nouvelles technologies viennent aujourd'hui ajouter un cinquième pilier : l'ubiquitous, c'est-à-dire la révolution ubiquitaire, la connectivité et leurs outils qui bouleversent la vie dans les territoires, leur management, hors du temps et des espaces. S'appuyant désormais sur ces cinq piliers, le management public durable ne devraitil pas se réfléchir en terme de transversalité territoriale, d'attractivité et de création de valeur ajoutée, conscient des questions écologiques, permettant la création de valeur sociale et la qualité de vie. Les axes de développement de ces territoires intelligents sont des améliorations dans la vie des citoyens (Neirotti et al., 2014), au niveau de l'efficacité environnementale, de la sécurité et de la durabilité (Bulu, 2014; Niaros et al., 2017) avec une centralisation des infrastructures technologiques contrôlées. Au-delà des technologies intégrées dans ces espaces (Kramers et al., 2014 ; Elmaghraby, Losavio, 2014), les changements organisationnels, technologiques et sociétaux sont induits par leur volonté d'être un élément de réponse aux enjeux territoriaux. Le territoire intelligent ne cherche-t-il pas à concilier les piliers sociaux, culturels et environnementaux à travers un mode de gouvernance participative et de gestion éclairée des territoires (Meijer, Bolivar, 2016) afin de faire face aux besoins des institutions, des entreprises et des citoyens ? La transformation de ces territoires est donc un processus multidimensionnel (De Santis et al., 2014). Il s'agit essentiellement de développer le transport et la mobilité intelligente, l'environnement durable et l'urbanisation responsable en favorisant un habitat intelligent. L'absence de mécanismes de gouvernance appropriés pour la majorité des territoires paraît constituer le principal obstacle à l'efficacité de leur transformation (Manville et al., 2014 ; Praharaj, Han et Hawken, 2018). Quelques auteurs commencent même à douter de la réalisation de ces promesses de résultats durables à l'aide de technologies de pointe (Kunzmann, 2014 ; Shelton et al., 2015). L'objet de ce colloque AIRMAP 2019 est de dresser un état des lieux et des perspectives pour confronter et optimiser la gestion des moyens attribués aux projets de pilotage public de nos territoires afin d'y mobiliser une dynamique partagée. Ces éléments non exhaustifs, peuvent être abordés sous l'angle des disciplines classiques de la gestion (stratégie, ressources humaines, finance, systèmes d'information, marketing, etc.). Ils peuvent également être traités sur une base sectorielle ou des champs de compétences des territoires (santé, éducation, urbanisme/habitat/logement, transport, développement économique, emploi, innovation et entrepreneuriat, ressources naturelles, sécurité et risque, tourisme, sport et loisirs, culture, etc.). Les logiques d'acteurs sont également concernées par le management public des territoires : les acteurs touchés (les habitants, les citoyens, les entreprises, etc.) ; les acteurs concernés (les élus, les administrations, les techniciens, etc.) ; les acteurs intéressés (les associations, les experts, les mandataires, etc.). Ce sont à ces questions que le 8ème colloque AIRMAP tentera de répondre.
Discipline scientifique : Sciences de l'Homme et Société

Lieu de la conférence
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