Colloque Couleur "Appropriation des savoirs en contextes colonial et contemporain (XVe-XXIe s), les couleurs comme langage « glocal » Rendez-vous du TSANGA - 16-17 mai 2019 / MSH-Lorraine à Metz

16-17 mai 2019
Centre Ecriture UE3943 - MSH-Lorraine - Metz (France)

http://couleurtsanga19.sciencesconf.org

Dès les premiers contacts avec le monde occidental et jusqu'à la période contemporaine en passant par l'ère coloniale, les populations extra-européennes, par un jeu de mélanges, de fusion et de redéfinition, ont dû confronter leurs propres savoirs culturels à ceux des Occidentaux et inversement. Cette situation a entraîné une recomposition des savoirs culturels, recomposition qui a été souvent appréhendée comme la production de signes locaux dans des langages globaux, mais qu'on peut voir aussi dans d'autres cas, à l'inverse, comme la production de signes globalisés à partir de langages locaux. Ainsi, formes linguistiques et visuelles, pensées, concepts politiques, symboles culturels locaux, modalités socio-économiques etc., se transforment en de nouvelles visions et perceptions du monde en perpétuelle évolution. Dans ce jeu où les identités et représentations se jouent et se déjouent, comment interpréter et analyser les héritages mutuels, les permanences et les ruptures, les convergences et les disparités dans une dimension à la fois culturelle et transculturelle relative à l'appropriation des savoirs dans les pays du Sud ? L'émergence des études postcoloniales (postcolonial studies), surtout en littérature, grâce à des auteurs comme Saïd, Spivak et Homi Bhabha, permet depuis les années 1980 de questionner l'héritage culturel transmis par la colonisation. Si ces études facilitent aujourd'hui la compréhension des processus de développement et de formation des identités culturelles, notamment sous l'angle général d'un writing back, parfois aussi à l'enseigne d'une hybridité, voire d'un métissage valorisant, peu de travaux s'intéressent principalement aux mécanismes concrets d'appropriation voire de construction des savoirs culturels en ces contextes. C'est ce à quoi le présent colloque se consacre. A la suite des deux premières rencontres qui ont mis successivement l'accent sur la perception et la dénomination des couleurs et les Couleurs, êtres vivants : les nouvelles perspectives des Relations Humaines dans les pays du Sud, (cf https://couleur-tsanga.event.univ-lorraine.fr/) ce troisième rendez-vous du TSANGA entend poursuivre la réflexion théorique et méthodologique sur la couleur — thème fédérateur du programme TSANGA — en se saisissant de cette thématique qui est en même temps un champ sémantique comme lien entre espaces territoriaux, savoirs, sociétés, cultures et histoire. Guidé par une question principale, celle de savoir comment l'acquisition des savoirs devient le lieu de mise en place de stratégies d'exploitation des signes culturels locaux dans des langages globaux, le colloque envisage la couleur comme un matériau à la fois original et pragmatique pour appréhender les enjeux relatifs aux interactions et échanges, aux circulations et transferts entre les cultures dites occidentales et celles des pays du Sud. Il s'agit en définitive d'examiner comment la couleur, dans ses dimensions symbolique, culturelle, politique, sociale, temporelle et pratique peut se révéler un outil d'approche des problématiques d'appropriation des savoirs. Limites thématique, chrono-géographique et disciplinaire • Cette rencontre, préparatoire à une publication collective, a pour objet de déterminer comment les couleurs en tant que substrat culturel — dans le sens de ce qui se transmet — entrent en jeu dans les mécanismes d'appropriation des savoirs locaux et globaux dans les pays du Sud. • La délimitation chronologique XVe-XIXe siècle s'explique par l'objectif de se centrer sur les rapports Nord-Sud, essentiellement entre l'Afrique subsaharienne et l'Europe depuis la Renaissance à partir de l'arrivée des Portugais dans les régions côtoyant aussi bien l'océan atlantique que l'océan indien. • Compte tenu de ce cadre historique, nous invitons à croiser les approches (historiques, anthropologiques, ethnologiques, géographiques, sociologiques, linguistes et littéraires voire socio-économiques (emplois, marchés, développement, etc.). Une triple perspective à mettre en jeu Les communications concerneront l'un des axes suivants : Axe 1 : Les couleurs, marqueurs des représentations culturelles Plus que de simples coordonnées chromatiques, les couleurs constituent un système d'apprentissage et de transmission de savoirs dans le sens où elles racontent des histoires, incarnent des mythes, véhiculent des valeurs, signalent des privilèges ou des exclusions, indiquent un sexe, une caste, un statut, témoignent de peur ou d'espérance, se déploient en des métamorphoses incessantes. Il s'agira ici de mettre en exergue les approches culturalistes des couleurs en tant que vecteurs de sens dans la transmission des savoirs dans les pays du Sud. Comment ces approches sont-elles considérées par l'entreprise coloniale ? Cette dernière a-t-elle réduit au silence les lectures locales ou au contraire les a promues ? Comment se manifeste la résurgence de ces approches culturalistes en contexte postcolonial par exemple dans les armoiries des pays du continent africain, les tampons administratifs, les cartes géographiques, etc. ? Axe 2 : Dynamiques hybrides au sein des espaces coloniaux Tout en gardant leur identité propre, les populations colonisées ont souvent été poussées par l'envie d'embrasser les cultures occidentales, que cela soit volontaire ou non. Quel rôle joue l'appréhension des couleurs dans l'appropriation des cultures hybrides ? L'étude des interactions au sein des espaces coloniaux est attendue ici. Comment les signes locaux et étrangers, anciens et nouveaux entrent-ils dans un mécanisme de reconstitution ? Peut-on parler de convergence de sens entre la lecture de certaines couleurs (le bleu indigo utilisé dans les cultures africaines et le bleu roi par exemple) ? Axe 3 : Culture globale Ces dernières années ont vu l'émergence de ce que l'on appelle l'histoire globale (world history) dont l'ambition est d'émanciper l'histoire d'une approche nationale (voire régionale) cloisonnée. Les modèles larges, fondés sur des éléments communs aux sociétés du Nord et du Sud, supposent des appropriations et des réappropriations (donc des resémantisations au moins partielles) qui, en réalité, sont des inventions de langages nouveaux en fonction de nouveaux besoins. Les échanges de savoirs (et donc de signes) à l'ère coloniale présentaient-ils des particularités ? Localement ? Globalement ? De même, à l'ère postcoloniale. Quelle(s) continuité(s) ou rupture(s), de ce point de vue, entre les deux ères ? Quel réemploi de l'appropriation du savoir colonial ? Dans quel but ? Comment l'usage des couleurs sert-il les enjeux cognitifs, politiques voire religieux pour inscrire les données culturelles dans un espace mondial ? (et l'inverse, si cela change quelque chose, par exemple, que la ville soit dominée pendant trente ans par une grande publicité rouge coca-cola sur la colline, ou par la mise à disposition, sur le marché, des fameuses bassines blanches émaillées, etc.) thèmes : "Appropriation des savoirs en contextes colonial et contemporain (XVe-XXIe s), les couleurs comme langage « glocal » Rendez-vous du TSANGA - 16-17 mai 2019 / MSH-Lorraine à Metz
Discipline scientifique : Sciences de l'Homme et Société

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