L’épilinguistique et le métalinguistique en linguistique énonciative

16-18 janv. 2019
Université Paris Est-Marne La Vallée - Paris - Marne La Vallée (France)
Les métadiscours linguistiques reposent sur des représentations plus ou moins formalisées, pouvant aller de commentaires ad hoc soufflés par l’intuition jusqu’à des analyses à visée invariante organisée en fonction de concepts théoriquement prédéfinis. Ce colloque se fixe comme objectif d’engager une réflexion sur le champ des représentations, encadré par deux types de discours que l’on désignera par commodité comme « épilinguistique » et « métalinguistique », sans toutefois leur associer d’emblée une définition puisque l’objet est précisément de laisser s’exprimer les points de vue sur la façon dont ces notions peuvent être appréhendées, en fonction des spécificités théoriques, de l’herméneutique des textes où ces notions apparaissent, ou encore les finalités que se fixe l’analyse linguistique. On pourra notamment s’interroger sur le rôle des représentations épilinguistiques et métalinguistiques dans le contexte de la transmission des savoirs et de l’étude des phénomènes de langue. Selon le niveau et les objectifs du cadre pédagogique dans lequel on s’inscrit, dans quelle mesure le métalinguistique traduit ou cherche-t-il à se rapprocher du ressenti intuitif des élèves ou des étudiants vis-à-vis de la langue. Et dans quelle mesure est-il important d’interroger et d’interpréter l’épilinguistique de ces apprenants ? De même, comment ces concepts interviennent-ils selon que l’on travaille dans l’optique d’une langue maternelle ou d’une langue seconde ? Sans doute peut-on estimer qu’il y a chez tout locuteur de langue première une forme de discours épilinguistique qui se met spontanément en place pour tenter de traduire l’expérience intime de l’activité linguistique. Pour autant, quelle est la légitimité d’un tel discours vis-à-vis de représentations métalinguistiques qui se fondent sur l’expérience scientifique du langage ? Ainsi, quel rôle d’ajustement entre les deux discours l’enseignement peut-il prétendre opérer ? Au niveau de la recherche, on pourra engager une réflexion sur le rôle de l’épilinguistique dans tout processus d’analyse de données à l’heure où le recours aux corpus et aux statistiques semble prendre la pas sur les estimations d’acceptabilité, qu’elles proviennent d’une introspection ou d’informateurs lambda, et dont on pourra chercher à préciser la valeur de la gradience, généralement notée sous forme de ?, ??, ???, * ou encore %. Aussi, quelle importance joue pour le linguiste l’épilinguistique dans la recherche d’une représentation métalinguistique ? Le linguiste peut-il être le locuteur comme les autres, ou son discours sur la langue est-il de fait filtré d’une manière ou d’une autre par son activité théorique ? Si l’on le considère que le discours métalinguistique repose sur une ontologie conceptuelle régulée, quelle relation conserve-t-il avec le discours épilinguistique ? En est-il une formalisation, et dans ce cas comment définir la différence entre formalisation et modélisation ? Cette dernière est-elle une étape intermédiaire entre un tâtonnement épilinguistique et une mise en forme métalinguistique ?
Discipline scientifique : Linguistique

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