Epistemology of Atheism

26-28 juin 2013
Université de Lorraine Laboratoire d'Histoire des sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré UMR 7117 CNRS - 91 Avenue de la Libération - 54000 NANCY - Nancy (France)
En septembre 2010, les Archives Poincaré et le Département de philosophie de l'Université Casimir Le Grand de Bydgoszcz (Pologne) organisaient, à Bydgoszcz, un colloque international intitulé « The Right to Believe : Perpectives in Religious Epistemology ». Un livre a été publié en janvier 2012, par Ontos Verlag (Frankfurt/Main), contenant les textes de ce colloque, ainsi que d'autres. Le colloque de 2010 était lui-même la suite d'un colloque organisé, à Bydgoszcz, en 2007, avec pour titre « Scientific Knowledge and Common Knowledge », organisé par les deux mêmes institutions, et également par Darek Lukasiewicz (Bydgoszcz) et Roger Pouivet (UL/LHSP-AHP). Les actes de ce colloque ont également été publiés par les Editions Epigram et Kazimierz Wielki University Press, en 2009. Ces deux colloques réunissaient des chercheurs polonais, français, américains, islandais et italiens. Ils témoignent d'une relation étroite qui s'est tissée entre les Archives Poincaré et le Département de philosophie de l'Université Casimir Le Grand de Bydgoszcz. Ils relèvent aussi tous les deux d'un travail qui va s'approfondissant sur des questions d'épistémologie générale et d'épistémologie des croyances religieuses. Ce thème est l'un des cinq projets, « Epistémologie, métaphysique et croyances (responsables : R. Pouivet, M. Bastit) » de l'axe 3 « Approches de la connaissance : logique, métaphysique et histoire de la philosophie » du projet quinquennal des Archives Poincaré. Le prochain colloque se tiendra les 26, 27 et 28 juin 2013. Sa finalité est de compléter la réflexion des deux premiers colloques. Le premier examinait la question de la rationalité de nos croyances ordinaires et communes à la lumière de la connaissance scientifique ; l'interrogation portait sur la question de savoir si la connaissance scientifique doit être la norme du sérieux intellectuel. Le deuxième colloque examinait la question classique de la compatibilité entre raison et foi, reprise à nouveaux frais dans tout un secteur très vivant aujourd'hui de l'épistémologie. L'insistance était mise sur la notion d'« éthique des croyances », c'est-à-dire du droit d'avoir des croyances religieuses. Sont-elles épistémologiquement légitimes ? Qu'est-ce qui autorise la croyance en Dieu ? Les croyances religieuses sont-elles épistémologiquement responsables ? Le troisième colloque, en 2013, répond à une question qui peut sembler inopportune : L'athéisme est-il épistémologiquement respectable ? C'est la question converse du colloque de 2010 : existe-t-il un droit de ne pas croire ? Qu'est-ce qui peut justifier l'incroyant ? Selon saint Paul : « La colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété et toute iniquité des hommes qui possèdent la vérité tout en vivant dans l'iniquité : parce que ce qui se peut connaître de Dieu est manifeste parmi eux; car Dieu le leur a manifesté; car, depuis la fondation du monde, ce qui ne se peut voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l'intelligence, par les choses qui sont faites, de manière à les rendre inexcusables ; parce que, ayant connu Dieu, ils ne le glorifièrent point comme Dieu, ni ne lui rendirent grâces ; mais ils devinrent vains dans leurs raisonnements, et leur cœur destitué d'intelligence fut rempli de ténèbres ; se disant sages, ils sont devenus fous. » (Romains, 18-22). C'est en effet un reproche constant dans l'histoire du christianisme que nous ne vivons pas seulement dans les ténèbres, mais que c'est notre faute intellectuelle si nous ne sommes pas capables de reconnaître l'évidence des signes naturels de l'existence de Dieu et de son action providentielle dans le monde. Cela signifie-t-il alors que « la religion n'est pas un signe d'une absence d'éducation ou de mauvais fonctionnement cognitif, qu'elle est au contraire naturelle aux autres humains, et que c'est plutôt l'athéisme qui doit expliqué », comme l'affirme Nicholas Wolterstorff ? Dans le colloque précédent, la charge de la preuve incombait au croyant, et ces droits épistémiques de croire étaient interrogés. Dans le colloque de 2013, la charge de la preuve incombe à l'athée. Si la philosophie, en particulier depuis les Lumières, a souvent été critique à l'égard des croyances religieuses, les présupposés épistémologiques sur lesquels se fonde cette critique ne sont-ils pas plus fragiles qu'il ne le semble, et cette critique peut-elle être maintenant ? Dieu est-il aussi caché qu'on l'a affirmé ? D'un autre côté, l'inversion de la charge de la preuve est-elle acceptable ? N'est-ce pas renverser de façon inacceptable l'exigence épistémologique de demander à l'athée ses raisons de ne pas croire ? Pour des raisons de facilité dans les échanges, la langue du colloque est l'anglais. La publication du colloque est prévue en 2014 dans l'European Journal for Philosophy of Religion, l'une des principales revues de philosophie de la religion au niveau international. Cependant, les textes ne seront acceptées qu'à l'issue d'une procédure d'évaluation (peer-review) propre à la revue.
Discipline scientifique : Sciences de l'Homme et Société

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