La politique de Malévitch

6-7 déc. 2018
Collège universitaire de Sciences Po,Campus de Dijon, 14 av. Victor Hugo, 21000 DijonMSH, 6 Espl. Erasme, 21000 Dijon - Dijon (France)
Les écrits et œuvres de Malévitch, le peintre du Carré noir sur fond blanc (le Quadrangle de 1915), ont une signification esthétique, philosophique, religieuse mais aussi politique. Ils révèlent un « antisocialisme virulent de ce socialiste au dessus de tout soupçon » (E. Martineau). Malévitch comprend très tôt que le communisme d’État ne veut pas rompre avec la « culture objectivo-pratique » qui va triompher avec le capitalisme et l’accusera finalement d’être « le destructeur du repos, aspirant à soumettre chaque pensée et à l’anéantir » [1]. Il s’agit donc, pour le peintre, de proposer une révolution sociale liée à une révolution de la forme, qui renversera le vieux monde utilitaire des objets (viechtch’) [2]. Notre colloque tentera d’analyser l’ontologie à la fois politique et picturale du fondateur de la doctrine suprématiste, contenue notamment dans son maître-ouvrage Le suprématisme. Le monde sans-objet ou le repos éternel . Dans cette perspective, nous étudierons ses affinités avec Hegel et le Jeune Marx, ses rapports avec le bolchevisme, le constructivisme ou encore l’anarchisme. Il s’agira ainsi de mettre à jour l’originalité de sa conception du rôle de l’État, des Partis, de l’Église et enfin de son projet de passage à une politique transnationale, voire cosmique. Nous essaierons de dévoiler les significations politiques de l’art de Malévitch dans ses différentes périodes : de ses recherches des années 1909-1913 aux derniers tableaux interrogeant la figure en passant par ses loubki patriotiques pendant la Première guerre mondiale et ses œuvres suprématistes. À l’étude de l’œuvre de Malévitch, ce colloque ajoutera celle de ses activités administratives et officielles (en particulier en tant que député au Soviet des soldats de Moscou, Commissaire pour la préservation des monuments et antiquités, professeur à l’École artistique de Vitebsk, directeur du Musée de culture artistique à Petrograd) et plus généralement son rôle institutionnel dans l’avant-garde russe, au risque de subir la persécution du régime soviétique à partir du début des années 1930. Notre colloque s’inscrira dans une perspective pluri et interdisciplinaire, invitant au dialogue philosophes, historiens de l’art, de la culture et autre spécialistes.
Discipline scientifique : Sciences de l'Homme et Société

Lieu de la conférence
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