Gestion informatisée des écritures anciennes

21-22 mai 2013
 - Tours (France)

http://gieca.sciencesconf.org

Le développement des humanités numériques offre, depuis deux décennies, des perspectives stimulantes tant pour les travaux des spécialistes que pour la diffusion de leurs résultats auprès du grand public. Les projets impliquant le traitement informatisé de corpus de documents textuels ou iconographiques se multiplient. L'exploitation des données et métadonnées ainsi produites constitue un enjeu important dont témoigne le développement d'outils et de formats d'indexation toujours plus performants. En amont des problèmes posés par l'indexation des données, un constat s'impose pourtant aux chercheurs : celui de l'inadéquation de la typographie numérique avec les formes graphiques présentes dans les documents anciens. Jeune technologie, l'informatique ne permet pas encore la mise en œuvre de pratiques de transcription satisfaisantes pour les textes anciens. Avant même leur indexation, les données numériques ne sont pas nécessairement codées de manière cohérente. Si le standard Unicode entend prendre en charge l'ensemble des langues écrites, tant anciennes que modernes, les chercheurs constatent bien souvent son inadaptation aux besoins concrets de leurs travaux. Définissant le caractère comme pure entité linguistique, Unicode exclut d'emblée un grand nombre de variantes graphiques, de ligatures ou de signes abréviatifs dont la présence dans les documents originaux peut révéler une provenance, un état de langue, une pratique dont il importe de garder trace. Plusieurs domaines de recherche (tels l'étude des pratiques orthographiques, l'indexation des légendes monétaires, la transcription de documents épigraphiques, l'analyse des matériels typographiques anciens, le catalogage de manuscrits et d'imprimés...) nécessitent l'utilisation de caractères actuellement absents des codages numériques. Si le travail accompli par le consortium MUFI (Medieval Unicode Font Initiative) a permis de combler quelques-unes des lacunes dans le domaine spécifique des manuscrits médiévaux, de nombreux signes doivent encore être identifiés, codés et dessinés. En dépit de vingt années de développement des humanités numériques, et malgré les avancées décisives du consortium MUFI, le problème du codage des écritures anciennes demeure donc entier. C'est pourquoi le Centre d'Études supérieures de la Renaissance (CESR, Tours) et l'Institut de Recherche sur les Archéomatériaux (IRAMAT, Orléans) organisent les 21 et 22 mai 2013 à Orléans deux journées d'études consacrées à ces problématiques et destinées tant aux chercheurs issus des lettres, des sciences humaines et sociales, des bibliothèques ou des musées, qu'à ceux exerçant dans le domaine du graphisme ou de l'informatique.
Discipline scientifique : Sciences de l'information et de la communication

Lieu de la conférence
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