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L’écriture inclusive entre pratiques et représentations linguistiques

18-20 mai 2022
Bruxelles - Bruxelles (Belgique)
L’écriture inclusive entre pratiques et représentations linguistique Questionnements Nous avons constaté ces dernières années, l’usage par certaines associations, organismes scientifiques et économiques, acteurs et actrices individuels , d’unités lexicales et d’agencement syntaxiques tels que : écrivaine, directrice, droits humains, agente, la présidente, la ministre,… etc. En réalité ils ne font qu’adopter ce qu’on appelle dans la littérature, l’écriture inclusive, qui « désigne l’ensemble des attentes graphiques et syntaxiques qui permettent d’assurer, une égalité de représentation des deux sexes » Par ailleurs ce phénomène remonte aux années 1980, lié à une volonté au premier abord de féminiser les noms de métier. En effet, les questionnements au tour du rapport entre langage et genre se sont d’abord manifestés par une demande explicite d’intégrer le féminin dans les noms de fonctions, cependant d’autres phénomènes grammaticaux ont été mis en exergue comme porteur d’une vision excluant le sexe féminin. En outre, cette question revient sur la scène médiatique depuis l’interdiction du ministère de l’éducation nationale en France, d’un manuel parascolaire Questionner le monde, destinés aux élèves de CE2, et publié en mars, par Hatier, faisant usage de l’écriture inclusive, plusieurs instances glottopolitques et acteurs se sont positionnés au tour de cette question : faut-il réformer l’écriture française ? Historiquement, Depuis sa codification durant le XVIII ème siècle, la norme grammaticale de la langue française était associée au bon usage, notion qui devient périphérique au XIX ème siècle, elle sera supplantée par la naissance de la linguistique, les spécialistes de la langue sont désormais nommées linguistes, cependant la vision normative a trouvé un intérêt non seulement auprès des hommes de Lettres et des grammairiens dits « traditionnels » mais aussi au sein des instances glottopolitques comme l’Académie Française et l’école. Leur résistance aux changements linguistiques, notamment à l’égard de la réforme de la norme est importante, à propos du genre grammatical, l’Académie Française affirme, en 1984 que « seul le genre masculin, non marqué, peut représenter aussi bien les éléments masculins que féminins. » Plusieurs chercheurs en sciences sociales se sont intéressés à la problématique du rapport entre langage et genre, la littérature féminine s’est illustrée avec les travaux (Houdebine ; Gravaud, 1995 ; Baider, Khaznadar & Moreau, 2007), dans le domaine des sciences du langage, plusieurs auteurs ont souligné les enjeux liés à l’écriture inclusive, nous citons : Jean-Marie Klinkenberg ; 2019; Cerquiglini ; 2019 ; Laurence Rosier ; 2019. My Alpheratz ; 2019. Rabatel et Laurence Rosier ; Patrick Charaudeau. 2019 ; Daniel Elmiger, 2019 ; Eva Schaeffer-Lacroix et Verena Tunger2019). Il est plus particulièrement question de mettre la lumière dans cette problématique sur les différents représentations linguistiques associées à ce langage inclusif et à la norme écrite de manière générale, d’en décrire et en expliquer à travers l’analyse du discours numérique, les positionnements épilinguistiques et discursifs des agents glottopolitiques qu’ils soient acteurs passifs ou actifs (journalistes, écrivains, simples locuteurs et scripteurs). Notre problématique s’inscrit de facto dans le domaine des sciences du langage, en particulier la sociolinguistique qui intervient dans la mesure où l’on aborde l’écriture, en occurrence la norme linguistique qui n’est pas sans relation avec la glottopolitique. Sur la méthodologie à adopter pour répondre à notre questionnement de recherche, nous avons opté pour deux méthodes : la démarche quantitative et la démarche qualitative Afin d’évaluer la pratique de l’écriture inclusive, nous allons faire appel à la technique du de l’observation indirecte de discours numériques et le questionnaire. Notre corpus est hétérogène, il est construit à partir d’une première enquête par observation, elle concerne les discours numériques qui circulent sur les réseaux sociaux ou les sites web d’entreprises privées et d’organismes médiatiques, afin d’observer la pratique effective de l’écriture inclusive. Notre matériau sera composé également de discours épilinguistiques, récoltés par questionnaire où seront exprimées les représentations sociolinguistiques ainsi que les stéréotypes liés au genre et à la norme écrite La bibliographie : Alain Rabatel et Laurence Rosier (coord.), Les défis de l’écriture inclusive, Le discours et la langue. Revue de linguistique française, tome 11.1, Louvain-la-Neuve, EME éditions, 2019, 187 p. HOUDEBINE-GRAVAUD, Anne-Marie. 1995. « Des femmes dans la langue et les discours ». Annales de Normandie, 26(1) : 385-398 Hugues Peters, « Alain Rabatel et Laurence Rosier (coord.), Les défis de l’écriture inclusive », Cahiers de praxématique [En ligne], 74 | 2020, mis en ligne le 08 mai 2021, consulté le 08 mai 2021. URL : http:// journals.openedition.org/praxematique/6493 ; DOI : https://doi.org/10.4000/praxematique.6493 Alpheratz , 2019Français inclusif : conceptualisation et analyse linguistique STIH - EDP Paris Sorbonne Université, École doctorale V Concepts et langages ED 0433, In Alain Rabatel et Laurence Rosier (coord.), Les défis de l’écriture inclusive, Le discours et la langue. Revue de linguistique française, tome 11.1, Louvain-la-Neuve, EME éditions, 2019, 187 p
Discipline scientifique : Sciences de l'Homme et Société

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