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Constructions et contextes

9 oct. 2020
 - Paris (France)
Depuis l’article fondateur de Fillmore et al. (1988), la notion de « construction », en tant qu’association conventionnalisée d’une forme et d’un sens (cf. Goldberg 1995, 2006 et Hilpert 2014, pour des raffinements divers), a donné lieu à de nombreux travaux. Témoignent également du succès des Grammaires de Construction, les courants et sous-courants qui se sont multipliés au fil des années, l’éventail des unités analysées, ainsi que les angles d’approche diversifiés (constructions et variation, Traugott & Trousdale 2013 ; constructions et prosodie, Lacheret & Legallois 2013 ; morphologie constructionnelle, Booij 2010, etc.). Dans la mesure où les tenants des Grammaires de Construction affirment que la connaissance de la langue (c’est-à-dire des constructions) émerge de son usage, il est logique de réserver une place centrale aux facteurs contextuels et aux données empiriques dans l’étude de la production et de l’interprétation des constructions et de leurs occurrences. Cependant, sans doute parce que la définition et la délimitation du « contexte » restent éminemment délicates, il semblerait que le rôle joué par celui-ci n’ait pas toujours été suffisamment développé ou formalisé. C’est pourquoi nous souhaitons, dans cette journée d’étude, nous livrer à un (ré)-examen des relations qui existent entre les constructions et leur(s) contexte(s). La notion de « contexte » pourra être envisagée sous un angle pluriel, avec les différentes acceptions qu’elle recouvre : cotexte immédiat ou plus éloigné, cotexte intra-phrastique et transphrastique, situation d’énonciation immédiate ou situation plus large, contexte générique et contexte spécifique, contexte et genres de discours, etc. Les axes de réflexion suivants pourront être retenus, sans volonté d’exhaustivité : - Les jeux de la construction du sens en contexte. Comment s’articulent la sémantique d’une construction, les éléments cotextuels et extralinguistiques dans le calcul interprétatif ? Jusqu’où les facteurs contextuels peuvent-ils exercer leur influence dans le calcul du sens d’une occurrence ? À l’inverse, dans quelle mesure une construction peut-elle être suffisamment puissante pour faire sens seule, hors contexte ? - Constructions dédiées, contextes spécialisés. Existe-t-il des constructions dédiées, qui sont susceptibles d’apparaître dans un seul contexte ? Une construction apparaissant dans un contexte spécialisé est-elle pour autant spécialisée ou est-ce le contexte qui lui confère cette coloration ? - Complémentarité des approches. Quels éclairages pourraient apporter d’autres approches, comme les approches fonctionnalistes, à l’étude des constructions dans le cadre des Grammaires de Construction ? - Contraintes structurelles et contraintes contextuelles. Les contraintes structurelles ont la part belle dans les travaux sur les constructions et leur productivité. Pourtant, on peut se demander dans quelle mesure la prise en compte d’éléments contextuels peut suffire à légitimer ce qui, en dehors de tout contexte, semble constituer une contrainte absolue. N’y-aurait-il, en fin de compte, que des contraintes relatives ? Les communications pourront porter sur des constructions spécifiques ou sur des familles de constructions, sur la langue écrite ou la langue orale, et sur des langues différentes. Les domaines et disciplines où le contexte joue un rôle de premier plan sont les bienvenus : langue de spécialité, diachronie, acquisition, etc. La langue de communication sera le français ou l’anglais. Les communications dureront 20 minutes et seront accompagnées de 10 minutes de questions.
Discipline scientifique : Linguistique

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